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Exposition "sacrilège"

oct 2 to nov 13, 2021


La galerie le 116art a choisi d’exposer pour démarrer sa saison artistique 2021 : Frédérique Fleury, pour la quatrième fois depuis la création de la galerie en 2008. Vernissage : vendredi 1er octobre à partir de 17h.

Artiste pluridisciplinaire, Frédérique Fleury correspond bien à la ligne fixée par la galerie, qui privilégie les volumes et les installations, sans négliger pour autant dessin, photo, vidéo, peinture.
Sculpteur-pictural ? S’il fallait la faire rentrer dans une catégorie classique : oui. Elle oeuvre en grand aussi bien qu’en petit. Ses matériaux de prédilection toujours sortis de sa palette personnelle, dans cette nouvelle exposition. Grés, porcelaine, lin, papier. De nouveaux assemblages esthétiques dont elle a le secret. De nouvelles combinaisons visuelles flamboyantes. Frédérique Fleury présente dans ses expositions autant d’œuvres intimistes, précieuses en formats réduits que de volumes monumentaux , imposants. En intérieur comme en extérieur. Ses constructions toujours très structurées, pensées, dessinées,
préparées, évoluent dans des formes spatiales géométriques arabesques et fantaisie non sans poésie comme fil conducteur. L’histoire de la galerie se poursuit au fil du travail de la création des artistes qu’elle montre régulièrement ; plaisir toujours renouvelé à chaque mise en scène des nouvelles œuvres produites en ces moments privilégiés de monstration.
Une nouvelle fois sont présentées des œuvres généreuses, audacieuses, sensibles.


Regards historiques, 1981-2021 Frédérique Fleury.
Depuis son initiation à l’art, le médium textile n’est pas un corps étranger dans l’œuvre de Frédérique Fleury qui lui a modelé une place indétrônable dans l’élaboration de ses sculptures, bas-reliefs et haut-reliefs. En effet, quelle que soit sa technique de fabrication ou sa représentation déclinée en coupon, forme patronnée, ou point de couture machine, le textile reste une matière de prédilection pour l’artiste qui l’utilise dans un grand nombre de ses pièces, tel un « fil d’Ariane ».

Durant ses études, fin des années 80, Frédérique Fleury expérimente ses recherches au sein des écoles d’art d’Aix-en-Provence puis de Lyon et, dans une forme de nécessité, intègre le textile dans sa production artistique en même temps que la peinture et la céramique. En 1981-1982, sa première exposition « Frou-Frou » à la Galerie J&J Donguy lui permet déjà d’affirmer ses convictions esthétiques débridées en expérimentant divers matériaux, comme des teeshirts, dans des formes les plus libres qui soient, et la pousse ainsi à s’intéresser aux tissu et papier autant comme médiums, que comme supports.

C’est seulement en 2012, que Frédérique Fleury réintègre le tissu dans sa production avec de la toile à peindre, celle présente dans son atelier, qu’elle utilise dorénavant brute sans intervention en décor de surface et qu’elle associe à de la céramique. Elle érige ainsi « Samedi 1er septembre 2012 » en grès émaillé et toile écrue. Viennent ensuite ses réalisations en papier qu’elle découpe en formes géométriques ou en lanières afin de les tresser, pour ensuite les assembler à l’aide de coutures au point machine. Lors de cette même période, l’artiste développe et produit sans contrainte apparente des dessins cousus « Septembre 2014, C 40 ». En 2016, elle récidive avec la série de « 36 papiers cousus, piqués machine » qui se compose d’éléments soit en papier brut et monochromes, soit en papier rehaussés d’interventions picturales qui s’assimilent alors aisément à des motifs textiles. Enfin, l’acte final de la couture des papiers permet alors d’enrichir la composition qui lui confère un statut de bas-reliefs.

L’artiste applique sa démarche artistique en 2D avec la même aisance pour celle en 3D. Le geste et l’engagement sont à l’unisson. En revanche, les matériaux aussi différents que peu probables, et le sens donné selon les médiums choisis, apportent aux œuvres une dimension esthétique, riche de multiples perspectives. Ainsi, entre 2013 et 2016, Frédérique Fleury utilise en grande majorité le monochrome, qu’il soit en toile ou terre colorées. Pour autant, elle s’abandonne à quelques apparitions de couleurs avec du gré émaillé et toile métisse notamment dans « Scaphandriflores et autres choses » (2014), ou à des motifs abstraits sur des papiers divers, comme le calque, dans « Septembre 2014. C40 » (2014).

En 2016, l’artiste s’éloigne toujours plus de la surface murale et plane en ajoutant la dentelle à sa liste de matériaux. Le haut-relief apparaît avec « Dessus, dessous », œuvre dans laquelle Frédérique Fleury convoque une rencontre improbable de planètes composées de dentelle, mécanique et fait main, et de cordage marin. En 2017, la pièce « Papiers tissés, papiers flottants » est, quant à elle, modelée en papier industriel par l’interprétation libre des techniques de tressages et tissage.

Depuis, l’artiste, va tour à tour et en simultané, s’exprimer avec sa horde de médiums et en aplat, et en volume. Dans une suite nécessaire, la sculpture prend toute son envergure. En 2016, lors de son exposition « Parures » à la Galerie le 116art, Frédérique Fleury présente sa nouvelle série teintée écrue en gré porcelainique, porcelaine, textile et rembourrage, qu’elle dresse aussi bien au mur qu’au sol. Entre 2017 et 2018, un gré noir apparaît soutenu par un habillage de dentelle, également noire, conférant à ses « Trois belles » une allure impériale et un ton redoutable, que l’artiste dresse en extérieur durant la manifestation Jardin des arts à Châteaubourg en Ille-et-Vilaine en 2018 – un nouveau registre à ajouter à la monstration de ses œuvres – mais également en intérieur à La Fabrique des Colombes à Sainte-Colombe-sur-Gand en 2019.

Nous sommes en 2021 et Frédérique Fleury, qui ne cesse de réfléchir à l’avancée de son art, s’intéresse à un nouveau tissu aux accents historiques parfois désuets, et aux techniques aujourd’hui souvent peu interprétées. Il s’agit de la tapisserie : pas celle, sublime, tissée au début de notre ère appelée communément tissu copte, ni celle des grandes époques flamandes et parisiennes (du 14ème s. au début du 17ème s.), encore moins celle des manufactures des Gobelins et de Beauvais, mais juste celle réalisée simplement avec un pro-cédé d’impression ou de tissage jacquard et qui représente des images d’illustres tapisseries. Nul besoin d’aller au sacrifice d’œuvres d’art ! Ces fac-similés superficiels, maladroits et souvent décolorés, se transforment en un nouveau médium qui suffit pleinement à l’artiste. Les couleurs – du jaune vers le vert et le bleu sans oublier le rouge qui résiste au temps – envahissent désormais toutes les œuvres et un mimétisme s’installe entre le grè, aux allures d’imposants cabochons, ferrets et bagues, et le choix des tapisseries reproduisant par exemple les fameuses « Mille Fleurs » (15ème s.) ou « Les Chasses de Maximilien » (16èmes. de Bernard Van Orley). Ainsi, Frédérique Fleury provoque avec l’Histoire une dynamique architecturale dans toute sa nouvelle série de reliefs. Qu’il s’agisse des pièces murales « Petites chutes » et « Paysages bouclés », ou à poser « Talon-pointe » et « Cheveux au vent », sans oublier l’incontournable haut-relief « Grand sacrilège », toutes scandent un manifeste ; celui d’une analyse qui nous emporte sur les rives idéales d’inspirations historiques et nécessairement émancipatrices.C’est un fait que l’œuvre de 1981 présentée par l’artiste pour son diplôme des Beaux-arts ne fut pas comprise... Pourtant, elle est fondatrice dans l’œuvre de Frédérique Fleury qui n’hésite pas d’ores et déjà à tutoyer l’improbable monumental. De nouveau aujourd’hui, elle fait surgir du mur, comme certains reliefs babyloniens, son « Grand Sacrilège » à la composition architecturale, lyrique et libre. Frédérique Fleury dévoile ainsi son nouveau chemin en affranchissant de toutes contraintes non seulement les matériaux, mais aussi les matières.

Yves Sabourin.
Commissaire et directeur artistique.

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From 02/10 to 13/11/2021, every Thursday, Friday and Saturday between 3 pm and 7 pm.