Edité le 10/09/2010

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Des monts et merveilles



Au delà de l'art roman, la piété s'est exprimée à travers les siècles, en de modestes églises ou des lieux plus imposants...


La plus "Sauvages" d'entre toutes


Les Sauvages, Notre-dame, photo C.KaïbouQue l'on soit ou non pratiquant, simple croyant ou totalement agnostique et rationaliste, comment rester de marbre devant le haut-lieu religieux, historique et touristique que représente Notre-Dame-de-la-Roche, en Pays de Tarare ?

A 750 m d'altitude, à la limite du partage des eaux atlantiques et méditerranéennes, un site regroupant un ensemble architectural  et artistique de première grandeur, s'offre à la contemplation des simples mortels. Ici se dresse en effet la Vierge Noire de Fabish (hauteur : 4.5m) dominant la vallée, et au pied de laquelle s'classent les 14 monuments en pierre du chemin de croix, menant jusqu'à la grande chapelle.

Celle-ci, majestueuse, surplombe les bois. Tout à coté, la chapelle du Saint-Sépulcre appelée encore Notre-Dame-de-la-Compassion, taillée dans le rocher, abrite une reproduction de la mise au tombeau du Christ, chef d'œuvre sauvegardé par le Pèlerinage de Notre-Dame-de-la-Roche, et dont l'original se trouve depuis 1912 au Musée de ... New-York.

Un peu plus bas encore, la chapelle de la Nativité met en scène les personnages de la Crèche, et l'on aura garde d'oublier dans ce florilège le vitrail du Chœur des Anges, reproduction de la Chapelle Médicis de Florence.

 

 

Salles Arbuissonnas


Salles, cloitre sous la neigeDès avant l'an Mille, les moines de Cluny franchirent les hauteurs beaujolaises pour y construire églises et prieurés. Vers 950, trois d'entre eux bâtirent l'un des plus anciens répertoriés en Beaujolais, le prieuré de Saint-Martin-de-Salles. On peut encore admirer de nos jours, le cloître (dont seule la façade du XIIème siècle fut épargnée par la Révolution), et son église, remarquable par son chœur du XIème siècle, son portail austère et puissant, et son clocher au faîte élégant.

C'est en 1301 que l'abbaye de Cluny décide d'installer à Salles sa communauté (très prospère) de Bénédictines de l'île de Grelonge, dont le couvent vient d'être incendié. Ce prieuré de femmes allait évoluer au fil des siècles vers une relative indépendance. Le promeneur moderne peut admirer encore la salle capitulaire ouvrant sur le cloître, avec en son centre un pilier massif s'épanouissant en nervures déliées.

Salles, Église vue du parcA partir de la seconde moitié du XVIIIème siècle, Salles-en-Beaujolais va voir les Bénédictines abandonner la tutelle de Cluny pour se placer sous l'obédience de l'archevêque de Lyon. Une mutation qui va bien au-delà de la logique géographique, puisque ces religieuses vont quitter la vie cloîtrée, modifier leurs vœux et s'ériger en Chapitre Noble de Chanoinesses-Comtesses. Cette "émancipation" les verra financer de leurs propres deniers les petites maisons individuelles entourant encore le parterre du chapitre... et y mener une vie mi-religieuse, mi-mondaine.

Salles, salle capitulaireDame Lamartine du Villars, chanoinesse et tante du poète, habita une de ces demeures : la troisième à droite en entrant par la grande grille.

Voici, en quelques traits, brossé l'historique - incomplet - de Salles-Arbuissonnas et son Chapitre. Lorsque vous pénètrerez dans cet univers de calme lapidaire, vous ressentirez toute la poésie et la finesse d'une architecture à nulle autre pareille. L'âme "féminine" de Salles est encore perceptible de nos jours, et ce patrimoine-là n'est couché sur aucun registre autre qu'émotionnel.



 

Dieu, quel hôtel...


Hôtel-Dieu de BellevilleLa fondation de l'Hôtel-Dieu de Belleville remonte vers 1733. Cet édifice, l'un des rares à avoir conservé l'ensemble de ses salles de malades avec leur mobilier d'origine, a été longtemps administré par les sœurs de l'ordre de Sainte-Marthe.

Hôtel-Dieu de Belleville, l'apothicairerieCes trois salles, garnies de lits clos en noyer, ont servi à l'accueil des patients jusqu'en 1991. On y retrouve encore de nombreuses vaisselles en étain, des bouillottes, des chaises percées. Grâce notamment à l'association l'Albarelle, ce témoin important de la vie hospitalière aux siècles passés a pu être sauvegardé.


Lors des visites guidées, on peut encore toucher du doigt la prééminence des aspects religieux entourant les soins aux malades, très pauvres pour la plupart. Admirablement conservée, l'apothicairerie offre de riches collections de faïences, porcelaines et flacons dorés à l'or fin, ses tiroirs à plantes aux senteurs prononcées.


 

Un pèlerinage à la hauteur


Pommiers, chapelle de Buisante,photo E.Galland OT BPDPoint culminant du village de Pommiers en surplomb de Villefranche-sur-Saône, Buisante offre à la contemplation du randonneur une élégante chapelle, juchée hardiment sur son promontoire. Notre-Dame-de-Buisante possède un oratoire érigé en 1861, transformé  par la suite en abside. Inaugurée en 1865, elle devint lieu de pèlerinage une fois agrandie en 1895. Ce n'est qu'en 1988 qu'eut lieu sa restauration majeure, avec notamment l'adjonction de peintures murales de Pierre Bruno illustrant les huit Béatitudes.




Et le vin devint divin


Chapelle de Brouilly, photo site I OT BVSPeut-on dissocier le nom de Brouilly du mot vin ? Oui, si l'on évoque seulement certains vins de messe. Non, si l'on considère la position hautement stratégique de la chapelle de Brouilly. Perchée à près de 500 mètres, au sommet du Mont, elle en a vu défiler des gens du cru, et puis aussi des touristes, des "Amis", et même les amis des "Amis"... Il n'empêche que cette modeste chapelle témoigne de la piété des gens d'ici-haut. Sa première pierre fut posée en 1854. Notre-Dame-de-Brouilly protège de sa haute stature les vignes, et surtout les hommes qui les travaillent. Le point d'orgue reste le 8 septembre, quand chaque année le pèlerinage attire (encore) la foule sur les hauteurs de Brouilly.

 

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