Edité le 11/09/2010
Edifié au XIIIème siècle, le château de Bagnols eut pour premiers occupants la famille d'Oingt. L'immense bâtisse à dominante ocre est flanquée de tours circulaires, et sa cour rectangulaire et profonde lui confère une austérité toute féodale.
L'ensemble architectural est fort bien conservé, du pont-levis aux douves en passant par sa magnifique cheminée Renaissance. Elle porte les armes des d'Albon, autres maîtres historiques des lieux, et les armes de France. Le salon de musique abrite pour sa part six bas-reliefs. Les décorations murales, très anciennes, font l'objet d'une grande attention de la part des Monuments Historiques.
Ayant servi de cache à munitions pour les soustraire à l'occupant, Bagnols resta un long moment en désaffection.
Jusqu'à ce qu'une sujette de sa Très Gracieuse Majesté, Lady Hamlyn, conçoive l'excellente idée de l'acquérir pour en faire un hôtel de luxe. Sans rien trahir de son passé, Bagnols revit donc de nos jours une partie de ses fastes d'antan.
Comment passer en six siècles, du patrimoine seigneurial au patrimoine hôtelier ? Depuis l'archevêque Hugues de Piset, dont la famille allait créer le fief et construire le château vers 1400, jusqu'aux propriétaires actuels de l'hôtel-restaurant haut de gamme, Pizay a su rester cette pierre sur laquelle on bâtit du solide et du beau.
Passé tour à tour (si l'on peut dire !) entre les mains d'aristocrates, de gens de robe, de bourgeois, d'un industriel et même de roturiers très à l'aise, le château de Pizay connut des heures difficiles et menaçantes au cours des deux guerres.
L'envolée touristique du Beaujolais lui a sauvé la mise, et l'on peut dire à ce jour que son site, son équipement, sa décoration, sa position stratégique entre Lyon et Mâcon, constituent les gages de sa pérennité. Surtout que l'esprit du vieux Pizay n'a pas été trahi, et que l'on peut toujours contempler son donjon carré, ses tourelles rondes aux tuiles vernissées, ses échauguettes. L'aile Renaissance y côtoie une chapelle XVIIIème dont la porte est sculptée de deux saints, Jean-Baptiste et Vincent. Les ifs du jardin s'emboîtent comme les pièces d'un grand échiquier organisé (par Le Notre notamment) autour d'un cadran solaire. Le domaine de Pizay inclut un cuvage aux imposantes dimensions.